Théâtre du Blog- Mireille Davidovici nov 2013

Évitant tout pathos, la pièce offre une partition musicale à Odille Lauria dont le léger accent
mexicain renvoie à la réalité de son pays natal.
Elle passe d’un personnage à l’autre, sans rupture entre la poésie du conte et l’atrocité du crime perpétré contre la mourante car c’est dans la tête de cette dernière que tout se joue » où se découpent brillants et nets les objets qu’inventent le délire de ta mémoire cassée. » Le texte adressé à la deuxième personne au public ramène le sort de la jeune femme à un destin multiple et l’atrocité de son viol, décrit par le menu, perd de sa crudité réaliste pour s’inscrire dans la longue série des féminicides.
Une mise en scène fluide permet à l’actrice de prendre ses personnages à bras le corps et de
se déployer dans un décor hybride parsemé de quelques accessoires dont une cabane de bidon-
ville et un poste de télévision qui passe en boucle un télénovelas insipide.
Cette sobriété donne toute son importance à un texte d’une facture complexe qui est ici
habilement décrypté.

2014 JamSession © All rights reserved.